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LIVRE
Dictionnaire amoureux des trains
Couverture Détails du livre Dos / Extrait
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Auteur(s) Jean Des Cars
Alain Bouldouyre
Date de publication 06/10/2006
Format Broché (200 x 130 mm)
Editeur Plon
ISBN 978-2-259-20340-1
Langue Français
Nb. de pages 782
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Résumé / commentaires
Prologue sous pression... «On va faire du train !» Le cri, libérateur, était lancé. Mes parents et mes grands-parents maternels, qui adoraient les voyages ferroviaires, savaient qu'ils ne pouvaient me faire un cadeau plus somptueux. On allait prendre le train ! Pas pour un petit parcours mais pour une soirée, une nuit et un début de matinée. On allait loin, vers le Midi ou les Alpes du Sud. C'était magique : je ne tenais plus en place, je sautais dans l'appartement, fou de joie, et deux jours avant le départ je ne parvenais pas à m'endormir. Seul me bercerait le bruit ensorcelant, le fameux «tagada, tagada, tagada» (j'admets d'autres traductions de ce langage mécanique des roues sur les intersections des rails plus courts qu'aujourd'hui)... Et encore ! J'étais comme les locomotives à vapeur, sous pression. C'était au début des années cinquante. Un voyage exigeait encore une préparation, comme dans les romans de Jules Verne, l'un de mes plus fidèles compagnons de jeunesse. Même si la lecture d'une carte ou d'un itinéraire était une habitude excitante, je connaissais par coeur notre périple. C'en était un. Je me récitais des noms, mythiques pour moi seul et les inconditionnels : Laroche-Migennes, Livron, Blancarde... La gare de Paris-Lyon fut celle de mes premiers rêves. Edith Piaf a chanté qu'il y a des gens bizarres dans les trains et dans les gares, mais moi je ne voyais que des pèlerins d'un art du voyage, aujourd'hui presque disparu. J'aimais déjà l'extraordinaire Buffet, dit du Train Bleu*, avec ses peintures 1900 évoquant des pays de soleil, ses femmes à voilette et ses messieurs à canotier et, bien sûr, le campanile à l'énorme horloge qui sanctionnait nos retards éventuels. Très éventuels car, bien entendu, comme dans une pièce de Labiche, nous arrivions, affolés, au moins une heure à l'avance. Régulièrement, un chef de gare (car je ne pouvais admettre un autre grade pour répondre aux interrogations familiales) nous informait : - Le train n'est pas encore formé... Alors, je guettais le bout de la voie qui se multipliait en un écheveau d'acier d'où émergerait enfin la rame qui m'emporterait au bout de la nuit.
Contact 1781 / 2157 v 2.0 - m.à j. 01/01/2013 . Tous droits réservés, reproduction interdite sans autorisation. HTML validé